L’agriculture demeure, pour une grande majorité des pays des régions d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, un puissant instrument permettant de stimuler la croissance, de vaincre la pauvreté et d’améliorer la sécurité alimentaire. Une agriculture durable s’avère primordiale pour stimuler d’autres secteurs de l’économie. Malgré cette importance, toutefois, la croissance agricole reste extrêmement variable et des investissements stratégiques sont nécessaires pour l’accélérer, tout en tirant profit des opportunités qui se présentent au secteur au travers de la collaboration régionale. Cela exigera non seulement de lever les obstacles qui se posent au secteur agricole, mais également de relever les défis émergents tels que la variabilité et le changement climatiques.
Gestion intégrée de l’eau pour une agriculture durable : réduisons l’écart des connaissances
Johannesburg, Afrique du Sud, 22-26 novembre 2010
La variabilité et le changement climatiques posent d’énormes défis aux producteurs agricoles au sein des pays ACP, qui se voient contraints de s’accommoder de courtes périodes sèches et de sécheresses à plus long terme. Bien trop d’agriculteurs des régions ACP n’ont pas d’accès à un approvisionnement fiable en eau et nombreux sont ceux à manquer des outils et des installations requis pour gérer l’eau de manière efficace. La plupart des agriculteurs s’en remettent encore aux pluies, mettant ainsi en péril une partie, sinon l’ensemble, de leur récolte.
D’après la FAO, l’irrigation permet d’augmenter les rendements des cultures de 100 à 400 %. Le potentiel de la gestion de l’eau dans le secteur de l’agriculture n’a pas encore été exploité dans la plupart des pays ACP. En Afrique subsaharienne, 95 % des terres sont cultivées selon la méthode de l’agriculture pluviale, puisqu’à peine 4 % des terres agricoles sont dotées d’un système d’irrigation. Les investissements publics dans l’eau agricole en Afrique subsaharienne n’ont représenté qu’une infime proportion de l’investissement total dans le secteur de l’eau – à peine 14 % des prêts consentis par la Banque africaine de développement (BAD) au secteur de l’eau dans son ensemble entre 1968 et 2001 (Peacock, Ward et Gambarelli, 2008).
Des investissements dans la gestion de l’eau agricole seront essentiels pour garantir l’accès à un approvisionnement abordable et fiable en eau. Cela constituerait un premier pas important pour permettre à de nombreux petits exploitants pauvres d’accroître leur productivité agricole, d’augmenter leurs moyens de subsistance et d’améliorer la sécurité alimentaire globale. Jusqu’à présent, seuls neuf pays africains ont été en mesure de réaliser les objectifs de la Déclaration de Maputo (de 2003, renouvelée en 2005), par laquelle les pays africains se sont engagés à investir 10 % de leurs budgets nationaux dans l’agriculture d’ici 2010. Par conséquent, la gestion de l’eau agricole constitue un secteur important pour les pays africains, dans le cadre de cette Déclaration. La situation pour les Caraïbes et le Pacifique est tout aussi critique.
Des initiatives ont été lancées dans diverses régions ACP pour promouvoir une gestion intégrée des ressources en eau. Le renforcement des capacités par le biais du partage des expériences et de programmes d’information pour tous les acteurs concernés est une condition indispensable à une meilleure gestion de l’eau. Des systèmes d’information et de soutien des connaissances novateurs seront nécessaires pour appréhender et disséminer les synergies entre les technologies améliorées, la gestion de l’eau améliorée, le soutien institutionnel, le développement du capital humain et les marchés améliorés – tous ces aspects menant à une utilisation plus efficace des ressources en eau pour améliorer la productivité et la croissance agricoles.
Objectifs
L’objectif général du séminaire sera de contribuer à l’amélioration des systèmes d’information et de soutien des connaissances en matière de gestion de l’eau agricole pour la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté dans les communautés rurales des diverses zones agroécologiques des pays ACP. Les objectifs spécifiques du séminaire seront :
- de partager des expériences et des informations sur les meilleures pratiques en matière de gestion intégrée de l'eau (GIE) dans les diverses zones agroécologiques des pays ACP ;
- d’identifier les besoins et exigences en matière d’information et de communication et de proposer des lignes directrices pour la mise en œuvre d’activités et de programmes de gestion de l’eau ;
- d’encourager les organisations participantes à se familiariser davantage avec les méthodes et stratégies de GIE pour les transmettre à leurs clients ;
- de mobiliser les parties prenantes pour plaider en faveur d’une augmentation des investissements publics dans la gestion durable des ressources en eau.
Gestion intégrée de l’eau pour une agriculture durable : réduisons l’écart des connaissances



CC License