Dans le cadre d’un concours de rédaction, lancé par le Centre technique et de coopération agricole et rurale (CTA) des jeunes des pays ACP (Afrique Caraïbe Pacifique) ont eu l’opportunité de dévoiler leur stratégie TIC pour booster le secteur agricole des pays en développement.
Ken Lohento, le coordonnateur de ce projet intitulé ARDYIS (Agriculture Rural Development Young and Information Society), présent, en Afrique du Sud, dans le cadre de la semaine CTA/NEPAD, qui s’est tenu du 22 au 26 novembre 2010, à Johannesburg en Afrique du Sud, nous éclaire sur ce concours dont la finale a constitué l’un des grands axes de cette semaine.
Entretien…
Concours de rédaction des jeunes des pays ACP« Quelles solutions aux défis de l’agriculture et du développement rural à l’ère des TIC ? Parole aux jeunes ! De quoi s’agit-il exactement ?
Ken Lohento: Ce concours de rédaction a été lancé afin d’identifier avec les jeunes des pays ACP (Afrique Caraïbes et Pacifique), les problèmes qui se posent à l’agriculture et au développement rural et les solutions potentielles que peuvent apporter les technologies de l’information et de la communication. Nous avons demandé aux jeunes de donner leurs perspectives, leurs connaissances à travers l’utilisation des TIC pour promouvoir l’agriculture et pour soutenir le développement rural. Nous avons reçu environ 180 rédactions de la part des jeunes des pays ACP. Les postulants venaient d’environ 40 pays et 35% étaient des femmes.
Ces soumissions ont été soumises à plusieurs étapes de sélection. Au final 42 rédactions ont été données au jury international qui a été constitué. Ce jury a retenu 12 finalistes (2 par région ACP). Ce sont ces 12 finalistes qui ont été convié en Afrique du Sud à l’occasion du semaine CTA/NEPAD pour présenter oralement leur travail afin qu’on puisse avoir la certitude qu’ils maîtrisent ce qu’ils ont mis dans leurs écrits et qu’ils sont vraiment les auteurs de ces textes.
Quels sont les enseignements que vous tirez de cette expérience ?
Ken Lohento: L’objectif de ce concours et du projet en général est de sensibiliser les jeunes des pays ACP et renforcer leurs capacités sur les enjeux du développement rural et agricole dans les pays ACP en utilisant les TIC. En lisant, les contributions des jeunes, il y en qui ont fait part de leurs expériences personnelles. Ils montrent qu’à travers l’utilisation des TIC, on peut apporter des solutions à certains problèmes du secteur agricole. D’autres contributions ont consisté à raconter l’histoire de certains jeunes qui utilisent les TIC dans leurs activités agricoles. Il y a par exemple des jeunes qui utilisent facebook pour faire la promotion de leurs produits. Certes, il s’agit d’utilisations isolées car dans nos pays africains les jeunes n’ont pas encore les possibilités d’utiliser largement ces outils. Néanmoins, les jeunes ont démontré qu’avec l’utilisation de certains moyens comme les téléphones mobiles, beaucoup de jeunes agriculteurs arrivent à commercialiser leurs produits aisement. Il y a eu aussi des jeunes qui ont réfléchi sur la possibilité de mettre les TIC au service du développement agricole pour booster les politiques liées au secteur agricole. Certes, il y a des initiatives qui tendent vers l’utopie ou qui manquent de finition, mais cela se comprend car elles proviennent de jeunes de moins de 25. Par ailleurs, dans certains cas, il y a des initiatives qui sont dignes d’adultes experts du domaine. Donc nous avons été réellement surpris par la qualité des rédactions des finalistes. D’ailleurs La sélection des gagnants a été très difficile pour le jury, mais il fallait choisir.
Après ce concours, quelles sont les perspectives du projet ?
Ken Lohento: Ce concours est un maillon de la chaîne du projet ARDIYS, donc ce n’est pas une activité isolée. Déjà en février 2011, ces 12 finalistes et 13 autres meilleurs postulants à ce concours prendront part à une formation sur l’utilisation du web 2.0 pour soutenir le développement du secteur agricole.
Cette rencontre qui aura lieu au Ghana permettra également aux jeunes de faire le réseautage, de tisser des liens, d’initier des canaux de collaboration future qui peuvent leur être utile dans l’avenir. Aussi, tous les participants au concours sont aujourd’hui réunis dans le cadre d’une liste de discussion et bientôt nous allons mettre en place une plate forme pour qu’ils puissent échanger, pour qu’ils puissent partager les innovations et les soucis qu’ils peuvent avoir par rapport à leur avenir, leur volonté de s’investir dans le développement agricole. Ce réseautage sera consolidé par d’autres activités à venir dans le cadre du projet.
En outre, ce qu’il faut souligner c’est que ARDYIS n’est pas un projet comme les autres, c’est un projet de concertation qui est ouvert à tous les partenaires qui son intéressés.
Nous avons commencé avec six (6) partenaires qui constituent le comité conseil du projet. Ces membres peuvent mener des activités en lien avec ARDYIS pour pouvoir renforcer, soutenir les jeunes.
Egalement nous sommes ouverts à la collaboration avec tous les partenaires qui ont également des initiatives dans ce sens pour qu’on puisse atteindre l’objectif initial d’ARDYIS qui ce veut au delà du projet beaucoup plus un cadre de travail.
Je lance un appel donc à tous les partenaires qui sont intéressés par cette problématique de nous contacter pour qu’on puisse soutenir les jeunes ensemble.
En Afrique les jeunes sont plus de la moitié de la population et on a un taux de chômage très élevé. Si nous pouvons par l’agriculture par exemple créer plus d’opportunités d’emploi pour les jeunes, si nous pouvons par les TIC améliorer la vie en milieu rural, je pense que nous devons essayer de le faire.
Propos recueillis par Ibrahima Faye et Roukiattou Ouédraogo
Pour plus d’information sur le projet visitez : http://ardyis.cta.int/
CTA Seminar 2010 Closing the Knowledge Gap: Integrated Water Management for Sustainable Agriculture 



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