Présent à Johannesburg dans le cadre de la semaine CTA/NEPAD sur le thème «gestion des ressources en eau», qui se tient du 22 au 26 novembre, l’ex directeur de l’institut agronomique du Burkina, affirme qu’il est venu défendre la cause des savoirs locaux à cette rencontre.
Si à 50 ans d’indépendance encore, les pays africains tardent à trouver la voie du développement, c’est parce qu’ils ont toujours été consommateurs des sciences d’ailleurs. L’Afrique a, Hamidou Boly, sa science en production animale, qui porte un intérêt particulier sur les questions pour reformer l’agriculture en Afrique.
Pr Boly a donc présidé une session sur la prise en compte des connaissances locales dans le monde scientifique agricole lors des travaux du groupe qui se sont déroulés pendant le séminaire.
«Nous avons défendu le fait qu’il faut donner beaucoup d’attention aux connaissances endogènes, autochtones, pour pouvoir résoudre certaines questions en Afrique», a-t-il déclaré. L’Afrique doit valoriser ces connaissances afin de pouvoir participer dignement aux progrès scientifiques au niveau mondial.
Les connaissances scientifiques africaines sont détenues par les communautés à la base, dans les villages, auprès des personnes âgés. Pire, ils sont nombreux à mourir sans transmettre ces savoirs. A l’image de la chine et de l’Inde, les africains doivent trouver des moyens pour capitaliser ces connaissances autochtones, a ajouté le chercheur burkinabé.
Le defi pour les chercheurs africains pense le Pr Hamidou Boly, c’est de trouver la voie pour travailler avec ces détenteurs de connaissances locales pour en faire des connaissances scientifiques. «Pour que les savoirs locaux se muent en savoir scientifique, Il faut les identifier, les vérifier, les tester et les codifier», a-t-il précisé. Dans ce travail, a indiqué le président de l’Université de Bododioulasso, il faut également veiller à la prise en compte de la problématique de la propriété intellectuelle pour garantir aux détenteurs de ses savoirs le droit de bénéficier des retombées économiques.
Pour lui, cela est bien possible, c’est juste une question d’approche. «Il faut créer des plateformes et intégrer ces détenteurs de savoirs pour les mettre en confiance, les rassurer et les permettre de délivrer ce savoir pour que nous aussi puissions en faire une science» a-t-il proposé.
Il y a des pratiques et des paysans capables de faire de la bonne prévision météorologique, même sur deux ans à partir du comportement de certains insectes, fleurs, reptiles ou oiseaux, ils arrivent à savoir si la campagne sera bonne ou pas. Aussi, si presque 80 % des populations africains se traitent par les plantes, cela veut dire que l’Afrique dispose d’une médecine approuvée. Le défi c’est d’arriver à rechercher et cerner les indicateurs de ces savoirs pour les universaliser. Et de rappeler : «la science moderne a commencé de cette façon aussi».
CTA Seminar 2010 Closing the Knowledge Gap: Integrated Water Management for Sustainable Agriculture 



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